« 16 juin 1837 » [source : MV-MVH, Villequier, Inv. 1988.3.1 (V 88.3)], transcr. Marie-Jean Mazurier, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5430, page consultée le 09 août 2026.
16 juin [1837], vendredi matin, 10 h. ½
Bonjour, mon petit homme bien-aimé. Bonjour. Comment va ton pauvre œil ? Je voudrais pouvoir le baiser. Il me semble que je le guérirais. Tu n’as pas été mouillé cette nuit ? J’ai rêvé de te voir, mon petit homme, et puis chaque fois que je me réveillais je pensais à vous avec amour. J’ai bien besoin de vous reposséder. Il y a si longtemps que vous ne m’appartenez plus que je crains que vous n’en ayez perdu l’habitude. Claire est retournée ce matin à la pension. Me voilà de nouveau tout à fait seule. Si tu avais le temps aujourd’hui et si cela ne te dérangeais pas trop dans ton travail tu pourrais me mener dîner chez Mme P.1 mais c’est à la condition que tu ne t’imposeras aucune gêne, aucune fatigue. Il serait absurde pour une satisfaction assez mince après tout que je t’imposasse une fatigue nouvellea à toutes celles que tu as déjà. Jour mon To. Jour mon petit homme chéri : je t’aime de toute mon âme ce qui est bien plus que de toutes mes forces. Quand tu me reviendras tu me trouveras le cœur tout ensemencé d’amour et n’attendant plus que son Soleil pour fleurir et pour embaumer votre vie. Viendras-tu bientôt ? Tu n’en sais rien. Mais moi je sens que j’ai besoin de te voir. Et puis je voudrais savoir comment va ton cher petit œil. Je t’aime mon Toto. Je t’aime.
Juliette
1 Vraisemblablement Mme Pierceau.
a « nouvelles ».
« 16 juin 1837 » [source : Collection particulière], in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5430, page consultée le 09 août 2026.
vendredi soir 16 juin [1837]
Vous êtes bien le plus capricieux jeune homme qui se fasse voiturer [illis.]. Voilà que tout d’un coup et sans me crier gare, vous changez votre itinéraire. En vérité, en vérité je vous le dis vous êtes un homme étrange, je ne comprends rien à vous. Quant à moi je vais droit mon chemin sans regarder autre chose que mon amour, je ne suis pas sujette à ces bizarreries qui font de vous l’homme le plus ravissant du royaume de France et même du Mecklembourg [illis.] je vous aime plus que tous les beaucoup et les plus employés depuis la création. Je suis dans une impatience atroce de voir le volume terminé pour trois raisons qui forment un tout passablement complet. La première c’est que je vous aurai à baiser, à chiffonner et à manger. La seconde c’est que vous reposerez au moins un tout petit instant et enfin la troisième qui n’est pas la moindre c’est que j’ai une merveille à moi dedans que je ne connais pas et que je grille de connaître1. J’espère que vous m’en donnerez le manuscrit. Je ne l’aurai pas volé pour toutes les abstinences de tout genre que vous m’avez imposées pendant la création2.
1 C’est le poème « À Virgile ».
2 Lettre incomplètement transcrite sur le catalogue.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
ils voyagent en Belgique, où elle prend le train pour la première fois.
- 20 févrierMort d’Eugène, frère de Victor Hugo, à Charenton.
- 26 juinLes Voix intérieures.
- 3 juilletPromu officier de la Légion d’Honneur.
- 14 août-14 septembreVoyage avec Hugo en Belgique et dans le nord de la France.
